Courrier des lecteurs - N°115 - Décembre/Janvier 2013

L’option du repli

De M. Michel André, propriétaire à Soulac-sur-Mer

 

«Suite à votre récent article sur l’érosion du littoral et sur l’option envisagée d’un repli du bâti balnéaire en deçà du trait de côte actuel, permettez-moi ces quelques remarques : s’agissant de Soulac-sur-Mer (qui fait votre couverture), le nouveau “paradigme” (mot à la mode) me fait beaucoup penser au concept de “défense élastique” de la Wehrmacht sur le front russe au cours de la dernière guerre. Le repli de ladite armée a bien eu lieu, il s’est arrêté à Berlin ! Sans aller aussi loin, il convient de prendre en considération ceci : le front de mer soulacais représente aujourd’hui un capital immobilier certainement supérieur à cent millions d’euros (le Signal à lui seul vaut dix millions) ; immeubles et villas sont juchés sur un cordon dunaire haut de 8-10 mètres et d’une largeur variable ne dépassant pas 100 mètres. Transplanter tout ceci dans l’arrière-pays me paraît problématique pour la raison suivante : en arrière de ce cordon, c’est le dévalement pentu de la rue de la Plage jusqu’à la basilique ; et à partir de là, hormis quelques dunes ici et là, une grande étendue de paluds côtés 2-3 mètres au-dessus du niveau de la mer, donc classés en zone inondable. Carrefour, qui voulait récemment s’y implanter pour s’agrandir a dû y renoncer. Il n’est donc pas envisageable d’y replier le parc immobilier actuel du front de mer. Pour retrouver un peu de hauteur et donc une relocalisation “pérenne” (autre mot à la mode), il faudrait s’enfoncer dans les terres au-delà de Talais et de Saint-Vivien jusqu’à Jau-Dignac et Loirac, ce qui représente une “retraite” d’au moins 15 kilomètres en territoire non plus balnéaire mais viticole... Tout ceci afin de bien comprendre que l’option de repli stratégique s’agissant de Soulac (sur Mer ?), pour séduisante qu’elle soit d’un point de vue technocratique, est tout à fait irréalisable dans la pratique. Ne reste alors que deux options : ou la station balnéaire actuelle est défendue sur place, sans céder un pouce de terrain (comme elle le fut d’ailleurs au début du siècle dernier), ou elle est à plus ou moins long terme rayée de la carte.»

 
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